AMO : le rôle de l'Assistant à la Maîtrise d'Ouvrage dans le BTP
Ni maître d’ouvrage, ni maître d’œuvre, l’AMO, ou Assistance à la Maîtrise d’Ouvrage, occupe une place singulière dans un projet de construction : celle du bras droit expert de la MOA. Elle éclaire les choix, structure les choix, et aide à garder le cap sur des chantiers complexes. Décryptons le rôle de l’AMO.
Qu'est-ce l'Assistance à la Maîtrise d'Ouvrage ?
L’AMO désigne le partenaire qui se tient aux côtés du maître d’ouvrage pour l’aider à définir son projet, à prendre des décisions et à sécuriser leurs conséquences. Sans se substituer à lui, ni à la maîtrise d’œuvre, l’Assistance à la Maîtrise d’Ouvrage apporte expertise, méthode et recul. Quel est le rôle de l’AMO ? Dans quels cas solliciter cet acteur de la construction ?
Quel est le rôle de l'AMO ?
Conseil indépendant accompagnant la MOA tout au long du projet, le rôle de l’assistance à maîtrise d’ouvrage est d’éclairer, de structurer, et de sécuriser les décisions de la maîtrise d’ouvrage, sans se substituer à elle.
Concrètement, l’AMO analyse les besoins, alerte le cas échéant, compare les moyens envisagés pour mener à bien le chantier, et rédigera des notes ainsi que des recommandations. La décision finale, toutefois, qu’il s’agisse du choix des scénarios, de la validation des budgets ou de la signature des contrats, reste toujours du ressort du MOA.
De manière similaire, l’AMO ne conçoit pas l’ouvrage. Pareille responsabilité revient à la Maîtrise d’Oeuvre, chargé de produire les plans et d’évaluer les dimensionnements.
Ce qui ancre un peu plus l’AMO dans un rôle de conseiller en amont de projets se distinguant par leur complexité, un statut plus que particulier.
Pourquoi recourir à une Assistance à la Maîtrise d'Ouvrage ?
Les projets de construction et de rénovation se sont fortement complexifiés. Les normes se sont multipliées, des pressions sur les coûts et le budget se font sentir tout au long du chantier, sans compter les attentes environnementales, les enjeux d’image, ou l’acceptabilité locale.
En résulte une jungle réglementaire et éthique qui ne permet pas toujours à la maîtrise d’ouvrage de posséder les ressources internes, aussi bien en temps qu’en compétences, pour tout maîtriser.
C’est dans cette perspective que le recours à l’AMO se révèle utile. L’Assistance à la Maîtrise d’Ouvrage renforce la capacité de la MOA à piloter le projet. elle lui apporte l’expertise, la méthode et le recul qui peuvent faire défaut au décisionnaire du chantier.
L’AMO s’implique ainsi lorsqu’il s’agit de :
- Formaliser le besoin ;
- Choisir les bons montages ;
- Sélectionner les partenaires adéquats ;
- Lier les risques derrière les documents techniques ou contractuels,
- Et à objectiver les décisions.
Le recours à l’Assistance à la Maîtrise d’Ouvrage n’est pas un aveu de faiblesse ou d’incompétence. Solliciter cet acteur, c’est assumer que le projet mérite un accompagnement spécialisé afin de maximiser les chances de succès et de limiter les zones de flou.
Qui peut être AMO ?
L’AMO peut prendre des formes variées. Sa nature dépend essentiellement des enjeux du projet. Il peut ainsi s’agir de :
- Bureaux d’études spécialisés en matière de programmation, en environnement, en énergie, ou en exploitation ;
- Cabinets de conseil en immobilier, en finance, en juridique, ou en montage de projet ;
- Ingénieries ou sociétés de management de projet, lesquelles interviendront sur l’ensemble du cycle de vie ;
- Enfin, des AMO très spécialisées, que leurs compétences orientent vers des montages complexes, des contrats de performance énergétique, des projets hospitaliers ;
- Ou, a contrario, des Assistances à la Maîtrise d’Ouvrage plus généralistes, capables de couvrir un large spectre d’enjeux.
La forme de l’AMO est liée à la capacité qu’aura cet acteur du BTP à comprendre les objectifs de la Maîtrise d’Ouvrage, permettant de se positionner à ses côtés afin de réaliser le chantier de manière conforme à la vision initiale.
Quelles sont les missions de l'AMO, phase par phase ?
Le rôle de l’Assistance à la Maîtrise d’Ouvrage varie selon la phase du projet dans la construction. Le fil rouge : reste le suivant : l’AMO doit aider la MOA à faire les bons choix au bon moment, tout en lui donnant les clés de compréhension nécessaires.
Structurer le besoin et le projet |
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Accompagner les arbitrages |
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Aider à piloter et à décider |
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Mise en exploitation |
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Quelles sont les responsabilités de l'AMO, et les différences avec la MOE ?
L’assistance à la Maîtrise d’Ouvrage est tenue à une obligations de moyens : son rôle est ainsi de conseiller, d’alerter, d’analyser, de proposer des scénarios et de les documenter.
Par conséquent, dans de nombreuses missions, il lui revient de concevoir des notes de cadrages, des comparatifs, et des tableaux de bord.
Ses tâches ne s’astreignent pas à de la seule rédaction, mais incluent également l’animation d’ateliers, la conduite d’études spécifiques, ou la préparation de dossiers pour les instances décisionnelles de la MOA.
La valeur de l’AMO se mesure à la qualité de ses analyses, ainsi qu’à la pertinence de ses recommandations. Ici, la qualité prime par rapport au volume des documents produits.
En revanche, l’AMO peut éclairer les risques d’une décision, mais n’est pas décisionnaire dans le projet. Ce rôle revient à la Maîtrise d’Ouvrage.
Par ailleurs, en raison de leurs rôles de conseillers, l’AMO et la MOE sont souvent confondus. Pour éviter les méprises, rappelons qu’il revient à la Maîtrise d’Œuvre de :
- Concevoir un plan technique détaillé de l’ouvrage, en matière de plans, de dimensionnements, ou de CCTP techniques notamment ;
- Diriger l’exécution des travaux et la gestion quotidienne du chantier ;
- Effectuer les missions réglementées de maîtrise d’œuvre (DET, VISA, AOR, etc).
Analyser, questionner et challenger ces éléments relève du rôle de l’Assistance à la Maîtrise d’Ouvrage. Néanmoins, cette dernière ne doit pas se placer en concurrence avec la MOE, ni prendre sa place.
Quelles sont les principales typologies d'AMO dans le BTP ?
Derrière le terme générique d’assistance à la maîtrise d’ouvrage se trouvent en réalité plusieurs profils, pouvant être combinés selon les besoins du projet.
Ici l’enjeu pour un MOA sera d’identifier clairement la typologie d’AMO que requiert le projet. Ce faisant, il pourra choisir des partenaires réellement adaptés aux enjeux du projet.
Dans quels cas recourir à une AMO pour son chantier de construction ?
Tous les projets ne requièrent pas nécessairement de faire appel à une Assistance de Maîtrise d’Ouvrage. Certains contextes, toutefois, s’y prêtent particulièrement. C’est notamment le cas lorsque :
- La MOA est peu expérimentée en projets de construction ou de rénovation ;
- Le projet est complexe, en raison d’une taille conséquente et incluant une multiplicité d’acteurs, d’enjeux politiques et médiatiques forts, ou d’un site contraint, avec un phasage délicat ;
- Le montage, qu’il soit contractuel ou financier, est atypique ou innovant. C’est le cas pour des marchés globaux, des contrats de performances, ou des montages partenariaux, par exemple ;
- La MOA affiche de fortes ambitions environnementales ou d’usage, ce qui nécessitera des arbitrages plus fins ;
- Les ressources internes sont limitées ou très sollicitées et ne peuvent, de fait, pas se consacrer pleinement au projet.
L’AMO joue alors un rôle de stabilisateur. Elle apporte du temps, de la méthode et de l’expertise, là où la MOA ne pourrait pas, seule, tout porter.
Questions fréquentes sur l'AMO, Assistance à la Maîtrise d'Ouvrage
Découvrez les réponses aux questions les plus régulièrement posées au sujet de l’Assistance à la Maîtrise d’Ouvrage et du rôle des AMO.
L'AMO peut-elle remplacer la MOE ?
Non, l’AMO peut challenger les études, analyser les offres, aider à arbitrer, mais elle ne produit pas les plans ni ne dirige les travaux.
Si elle se substituait à la MOE, elle sortirait alors de son rôle de conseil à la maîtrise d’ouvrage, et créerait une confusion de responsabilités.
Qui est responsable en cas de mauvaise décision : la MOA, ou l'AMO ?
La décision finale appartient à la MOA, qui reste juridiquement responsable.
En revanche, si l’AMO a manqué à son obligation de conseil, ou a commis une faute manifeste dans ses analyses, sa responsabilité professionnelle peut être engagée. L’enjeu est donc que les recommandations de l’AMO soient claires, argumentées, et tracées.
L'AMO peut-elle être rémunérée par un prestataire ou un constructeur ?
Cette situation est à rposcrire si elle n’est pas totalement transparente, car elle créerait un conflit d’intérêts majeur. L’AMO doit être libre de ses analyses et de ses avis. Sa légitimité repose justement sur le fait qu’elle est au service exclusif de la maîtrise d’ouvrage.
Faut-il une AMO sur tous les projets ?
Non. Sur des opérations simples, avec une MOA expérimentée et des ressources internes disponibles, l’AMO n’est pas indispensable.
En revanche, dès lors que le projet devient stratégique, complexe ou risqué, l’AMO peut faire la différence entre une opération subie et un projet maîtrisé de bout en bout.
Comment choisir sa société d'AMO ?
Au-delà du prix, il est important d’évaluer :
- La compréhension du contexte ;
- Les références sur des projets comparables ;
- La capacité à travailler avec les autres intervenants, MOE, exploitants et services internes ;
- La qualité de la méthode proposée ;
- Et, surtout, le niveau de confiance que la MOA peut accorder à son futur bras droit.
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